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Nota : ce post d’ailleurs est entièrement rédigé sans IA, pourquoi ? (1)

Parce que l’IA pose un problème de fond qui est celui de la structuration de la pensée, de son déroulé, de son temps de maturation, pour que nous, en tant qu’intelligences humaines, puissions ensuite engager notre processus de décision.

Nos décisions sont précisément liées à nos filtres, à nos émotions, à notre capacité à faire des choix avec un nombre limité d'informations. Lire un livre de 300 pages prend environ 7 heures pour quelqu'un qui lit tranquillement (environ 40 pages/heure). L'écrire peut prendre un an, voire plus.

L'IA peut (co)produire un livre en quelques jours et restituer des résumés de livres en quelques minutes. Mais l'auteur saura t'il expliquer et dire quel est le sens de sa production ?

Il en va de même dans la constitution d'un dossier d'appel d'offres, le risque d'une utilisation "abusive" de l'IA se niche dans la désincarnation. Nous pouvons confier à l'IA la rédaction d'un appel d'offres. C'est terriblement utile, gain de temps et d'énergies.

Cependant il faut auparavant l'alimenter avec des données et des informations de l'entreprise, lui donner un cadre et prendre ensuite le temps de relecture et de correction nécessaire à la remise du projet et s'assurer que nous avons bien compris les enjeux pour le client.

Une autre question mérite d’être posée : si une IA est utilisée pour l'analyse des appels offres, sommes-nous certains que cette IA n'utilisera pas les données analysées pour alimenter, inidirectement, des contenus chez nos concurrents ?

C'est pour cela que nous engageons des formations et ateliers adaptés aux équipes sur les usages professionnels des IA. Le savoir n'est rien, le savoir c'est tout. C'est dans ce paradoxe que nous devons construire des réponses car sans savoir il n’y a pas de réponse éclairée.

Former, transformer par de la connaissance renforcée avec de l'expérientiel, c’est ce qui nous permettra de choisir les modèles d’IA adaptés à nos situations puis, de valider les propositions de l’IA et de l’améliorer.

Quel que soit l'usage que nous en faisons, le fait que ces outils soient portés par de grands conglomérats américain doit nous questionner sur les risques, le cadre légal, la souveraineté des données, les transferts économiques et le respect de nos obligations.

À ce titre, le délégué à la protection des données, avec la direction de l'entreprise, est l'un des acteurs qui peut porter ces questionnements. Nos données sont-elles fiables, sécurisées, protégées, exploitables ? Pourquoi utilisons-nous nos données ? etc.

Ces temps d'échanges et de réflexions permettent à chacun de structurer sa pensée et de s'appuyer sur les émotions (consciemment ou pas) pour filtrer et traiter les informations échangées. Cela permet aussi de poser les enjeux réels pour les employés et l'entreprise : quelle est la valeur ajoutée de l'IA dans nos process ? Où sont les gains de productivité ? Quels sont les impacts sur notre travail ?

Tout comme l'internet a changé nos méthodes de travail, de communication, nos organisations et relations, l'IA est une évolution technologique qui nous questionne et nous challenge, remet en perspective certains métiers, redessine les processus de production et de service.

La question n'est donc pas IA ou pas IA, ni même d’aller vite, mais  de donner du sens et de définir le tempo dans cette transformation.

(1)     L’article est rédigé sans IA, mais l’IA est quand même utilisée pour la vérification des fautes et en tant que « coach » de rédaction par la proposition d’améliorations. I plus souvent dans un entre deux : certains gagnent et d'autres perdent, le tout est de capitaliser sur les expériences vécues.

Rédacteur : Yann Riché BEA Solutions BEA Académie