Nous ne sommes pas interchangeables

Nous ne sommes pas interchangeables

Vous avez tous dû entendre et même dire que personne n’est irremplaçable. C’est peut-être ce que pensent certains dirigeants et managers, mais pas cela n’est pas vrai si l’on considère les individus. Certes, un comptable peut être remplacé par un autre comptable, un agent par un autre agent et un directeur par un autre directeur mais nous ne parlons là que de fonctions.

Pourtant nous sommes tous irremplaçables car nous ne sommes pas interchangeables. Changez un élément et c’est toute la structure qui change.  

Prenons le président ukrainien, Volodymyr Zelensky : son calme, son leadership dans cette période de crise et sa manière de communiquer font ce qu’il est. D’autres présidents auraient pu aussi, dans l’absolu, être leader, mais ils n’ont pas son histoire au sens de ce qui constitue son identité qui reste unique et spécifique, dans ce qui l’amène par ses relations – actions, interactions et rétroactions – à être au front avec ses citoyens et son armée.

Parce qu’ancien acteur, parce qu’une histoire est née de son histoire d’acteur mis en abîme, il marquera certainement l’Histoire de son pays en ayant compris (consciemment ou pas) ce qu’est l’incarnation de son rôle, non plus en tant qu’acteur, mais en tant que leader de son pays. 

Ce qui est vrai à la tête l’est aussi dans les troupes. Dans les entreprises, les organisations, le départ des salariés entraîne des changements plus ou moins importants dans la structure. Chacun, par son individualité, sa connaissance de lui-même, de ses qualités et talents est à même d’influer sur l’organisation par ses interactions avec les équipes par son comportement ou par ses actions. 

J’ai la chance d’accompagner des équipes qui vivent ces mouvements, de les observer, d’échanger et de les amener à décaler leur regard. Aucun n’est interchangeable et c’est parfait ainsi. Ce qui fait vivre les équipes, ce sont les interactions entre les individualités et plus l’équipe comprend et intègre chaque individualité, plus chaque individu intègre et partage l’identité de l’équipe. Le rôle du coach au côté du leader est donc complexe – écoute, analyse, pistes, interactions et rétroactions, compréhension des positions et de la structure – et itératif par les incessants va-et-vient.  

Les amateurs de sport me parleront des remplaçants dans les sports collectifs et saisiront tout de suite qu’un remplaçant a un rôle à jouer, soit pour se substituer à un joueur blessé, soit pour faire évoluer une option tactique sur le terrain. De fait, le remplaçant n’est pas remplaçable dans l’équipe, il y joue un rôle spécifique qui peut même l’amener à peu jouer et être un élément de lien, de cohésion et de performance entre les coéquipiers. 

Alors, demain, si vous entendez que vous n’êtes pas irremplaçable, posez-vous la question : « pourquoi cette phrase arrive à ce moment là? » Quelle émotion ressentez vous ? Que feriez-vous pour résoudre ce cas d’irremplaçabilité ?

Si vous êtes dirigeant, manager, chef d’équipe, pourquoi dites-vous cela ? Dans quel but ? Sous-entendez-vous qu’il y a un problème de place, de compétence, de management ? Qu’attendez-vous de différent ? Vous devez alors ressentir qu’il y a un os, quelque chose dans votre organisation qui n’est pas aligné entre vos attentes et la réalité.

En fait, quand nous voulons remplacer quelqu’un, c’est cette compréhension du problème qui est importante. Est-ce un déficit de compétences techniques ? Cette personne occupe-t-elle le bon poste? A-t-elle une influence sur l’ambiance ? Tout cela peut et doit être étudié tant que les liens permettent de travailler à une solution dans la confiance ou à minima de rétablir de la confiance, certains conflits permettent même de remettre du lien voire de le renforcer. 

De même, les coachs ne sont pas interchangeables, vous pouvez en remplacer un par un autre mais chacun est irremplaçable au sens où chacun aura ses qualités, spécificités et talents pour accompagner ses clients. Comme nous sommes conscients de ces spécificités, nous pouvons affirmer que oui un jour vous serez remplacé, pas parce que personne n’est irremplaçable mais simplement parce qu’à certains moments, nous avons besoin d’être remplacé, que nous ayons fini notre histoire avec une organisation (retraite, mission) ou que cette organisation évolue dans un sens qui ne nous convient plus, ou encore parce que nous voulons faire autre chose, parce que nous avons d’autres aspirations.

Tant que les individus sont ce qu’ils sont, nous pouvons avoir la certitude que nous sommes uniques, remplaçables et en même temps irremplaçables, jamais interchangeables !

Apprendre les feedbacks plutôt que le blablabla

Apprendre les feedbacks plutôt que le blablabla

En ce début de COP 26, c’est bien l’image de Greta Thunberg qui vient à l’esprit quand elle répète inlassablement blablabla qu’elle veut des actes plutôt que des discours blablabla. Elle a certainement raison, tout comme ceux qui font les discours ont raison, la parole précède souvent l’action. En coaching, nous apprenons que ce qui compte c’est d’avoir des clients qui s’engagent à… et même si l’action annoncée n’est pas celle réalisée, c’est cet engagement qui compte.

La COP26 ne devrait pas s’arrêter aux joutes oratoires et déclaration ostentatoires, et tout le blablabla, et pourrait se concentrer sur les feedbacks, les retours d’information en français, mais aussi sur les retours d’expérience et les appréciations positives sur ce qui marche et que l’on pourrait encore amplifier.

Imaginez-vous dans une entreprise en train de pointer sans arrêt les risques, les menaces et les peurs que génèrent le futur de vos marchés. Cela influerait sur votre moral et votre performance, c’est relativement classique, c’est ce qui arrive quand les différents acteurs pointent les défauts de chacun plutôt que les qualités.

Au contraire, si nous nous concentrons sur les aspects positifs de notre entreprise, de nos relations, de nos performances, nous pouvons nous appuyer dessus pour réussir des transformations encore plus importantes. Sur une barque emportée par le courant, si nous laissons les moins compétents à la rame et les moins experts à la barre, il est fort à parier qu’elle chavirera. Si vous mettez des hommes forts qui aiment être forts dans les moments difficiles, et qui aiment avoir un barreur en qui ils ont confiance, vos chances de sortir du courant sont alors nettement plus élevées, voir certaines ! Mais cela ne s’improvise pas, cela se cultive.

Le premier pas pour bien débuter passe par les facteurs clés de succès et les forces sur lesquelles nous pouvons, alors, nous appuyer. Les menaces, les risques sont toujours là, mais en attribuant à chacun un rôle dans sa compétence, nous créons les conditions de la confiance et de la réussite.

Les feedbacks bien réalisés, permettent de se concentrer sur les forces et les axes de progrès. Les feedbacks sont et doivent être sincères. Sinon c’est du blablabla. Les retours d’informations doivent être factuels et contextualisés, sinon c’est du blablabla. Ils sont bienveillants, jamais complaisants.

Les plus beaux cadeaux que vous pouvez faire dans vos vies professionnelles ce sont les feedbacks, c’est dire ce que vous appréciez chez vos collaborateurs, c’est dire leur importance dans l’équipe, dans l’entreprise, c’est dire qu’ils comptent pour vous.

C’est ainsi que le monde change, par la puissance combinée des mots et des actes.

Vous voulez aller plus loin ? Rencontrons-nous ! En attendant je vous propose de laisser un feedback, un simple j’aime, poster un commentaire ou encore une question !

De bonnes vacances en quête de sens, de connexion avec la nature et de chance !

De bonnes vacances en quête de sens, de connexion avec la nature et de chance !


Il est temps de prendre des vacances, si ce n’est pas déjà fait, la crise du Covid, les tensions que cela génère, les incertitudes avec des stop and go successifs, le télétravail, le masque, le vaccin, le pas assez de travail puis le trop de travail ont mis à rude épreuve nos organismes et notre mental en recherche de certitudes et de sécurité.
Si les vacances vous permettent dans un premier temps de vous reposer c’est aussi le moment de rattraper les lectures non terminées ou en retard. C’est aussi le moment de vous proposer quelques livres pour prendre du recul ou vous retrouver. En voici 3 !

Pour commencer l’excellent Sébastien Bohler qui signe après le “Bug Humain” un “Où est le sens ?” qui vient nous éclairer sur notre capacité à chercher et à trouver du sens dans nos existences. Dans un monde qui fait face à une pandémie et à un dérèglement climatique, jamais le sens n’aura autant d’importance. Alors comment donner du sens à son existence à sa présence sur terre dans ce grand tout ? A chacun sa réponse, et je peux évidemment y contribuer en vous accompagnant dans cette quête. Peut-être que l’exploration de notre cerveau nous ouvrira de nouvelles perspectives, en attendant notre identité est composée de couches successives dont certaines par force de consommation deviennent absurdes, nous mangent du temps, en particulier cela peut concerner nos identités et consommations numériques…

Corine Sombrun excelle dans un autre registre, celui de la connexion à son cerveau ! Tout comme Sébastien Bohler en rédacteur en chef de la publication “Cerveau et Psycho” s’intéresse aux recherches sur la méditation, le yoga, la psychologie et le cerveau, Corine Sombrun, elle, explore les voies et voix du chamanisme. Elle cherche à comprendre et à développer la transe comme mode de “communication” avec soi, les autres et la nature. “La diagonale de la joie” rapporte les travaux que Corinne Sombrun mène dans ce domaine, et ce livre fait le pont entre l’animisme, la créativité et les sciences cognitives… J’ai beaucoup apprécié la démarche de Corinne Sombrun qui questionne et n’exploite pas ce “don” de transe pour elle, mais pour comprendre le phénomène. Cela nous questionne fortement sur notre lien avec la nature, avec ce que pouvait être l’animisme, c’est à dire le lien entre l’homme et la nature et la terre. Rien d’ésotérique, vivement le prochain tome. Cela m’a aussi questionné sur la place du chamane et aujourd’hui du coach dans la société. Si les différences sont évidentes, les ressemblances, leurs rôles dans le questionnement sont aussi des parallèles intéressants (le coach n’entre pas en transe, mais il est à l’écoute des signes comme les émotions, le coach est rémunéré quand le chamane ne l’est pas ou sous forme d’offrande, il a lui aussi un cadre de référence et des rites mais pas le cérémonial de la transe).

Enfin pour voyager dans nos compétences et forcer le destin, j’ai apprécié ce livre plus expérienciel, et, c’est sa force, qui donne la pêche, “La chance, quel talent”, de Caroline de Surany. Elle nous parle de notre mise en route, de notre capacité à créer nos propres opportunités et ainsi à nous modifier. Avec cette vision positive et des exercices, rien de tel pour réussir ses vacances et revenir avec plein de projets et d’énergie pour la rentrée !

Où est le sens ? – Sébastien Bohler – Robert Laffont – Grand format – SaurampsNotre monde est au bord de l’asphyxie. Les espèces vivantes s’éteignent, les calottes glaciaires se liquéfient, les eaux montent, la tempéra

SAURAMPSLa diagonale de la joie ; voyage au coeur de la transe – Corine Sombrun – Albin Michel – Grand format – Sauramps« Les esprits t’enseigneront », lui avait dit la chamane Enkhetuya au temps de son initiation en Mongolie au début des années 2000. Au cours

SAURAMPSLa chance, quel talent ! – Caroline de Surany – Larousse – Grand format – SaurampsVous pensez que la malchance vous poursuit ? Vous croyez que la chance est le fruit du hasard ou l’action d’une main invisible et que vousSAURAMPS

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De l’autoportrait : connais-toi toi même…

De l’autoportrait : connais-toi toi même…

« Connais-toi toi même, laisse le monde aux Dieux », gravée sur le fronton du temple de Delphes, Socrate a laissé à la postérité cette citation que nous utilisons encore.

Avec Haruki Murakami, je voudrais vous emmener là aussi un peu en Grèce et dans l’univers du marathon, plus exactement de la course à pied et de l’écriture. Et laisser aux Dieux le monde.

L’écrivain japonais connu pour ces récits oniriques qui mêlent réalité et intériorité, s’est livré à l’exercice de l' »Autoportrait de l’auteur en coureur de fond », titre d’un livre publié en 2011. Haruki Murakami fait parti de ces auteurs, qui mettant bout à bout des mots, exercent une pression amicale et sincère sur notre vie et notre discipline.

La discipline de l’autoportrait est un exercice difficile dans lequel il ne faut ni se livrer à la complaisance ni à la dévalorisation. C’est d’ailleurs le rôle du coach que de mener chacun à exprimer ce qu’il a de meilleur.

Dans un monde idéal, cet ouvrage serait lu et étudié dès les classes de première, même si sa lecture résonne plus avec l’âge et l’expérience. La course à pied n’y est qu’un prétexte pour parcourir le long chemin de la vie. La vie est injuste nous dit l’auteur, et parce qu’elle est injuste, autant travailler sur nos qualités. La course lui sert d’exemple : l’auteur ne se sent pas le meilleur, il se sait robuste mais pas le plus rapide, alors il court avec robustesse. Il pratique la course avec discipline, avec des entraînements réguliers, pour réaliser chaque année un marathon. Les courses sont des expérimentations pour se dépasser, aller au-delà, pour donner un sens à cette discipline de l’entrainement. Tout comme il peut le faire dans l’écriture et plus jeune dans sa boîte de jazz.

Et l’écriture ressemble aussi chez lui à un long marathon, le talent ne suffit pas, dit-il, pour durer, il n’a pas d’âge, mais une maturité ; il n’a pas de durée mais s’entretient et se travaille.

Disons-le, le livre s’épuise un peu sur la fin, mais je l’ai lu deux fois et à chaque fois j’en ai retiré un retour d’expérience personnel.

La première fois en 2012, j’avais déjà apprécié le livre et calé sur la fin. En période de « doute » il fut utile pour prendre du recul.

Fin 2015, je me suis remis à la course à pied, certain de ne pas vraiment retrouver les sensations de plaisirs que j’avais il y a quelques années. Avec l »‘âge », j’avais changé de méthode et travaillé plus la préparation et la musculation pour démarrer dans de bonnes conditions. En juin, j’ai relu cet ouvrage et j’ai retrouvé le même plaisir de lire l’expérience d’Haruki Murakami car elle résonne dans nos expériences personnelles et dans nos défis personnels. Cette fois l’ouvrage s’est avéré utile non pas dans le doute mais dans le prolongement de réflexions personnelles sur la construction d’un avenir.

Alors que vous soyez coureur ou non, cet ouvrage est pour tous ceux qui veulent aller loin et se réaliser avec un brin d’auto-analyse, de sagesse socratique et et d’introspection orientale.

A lire et relire.